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F) Propagande, pacifisme, censure de la presse et des médias, contrôle de la population

Propagande et mobilisation patriotique

Les opinions publiques, les sociétés dans leur quasi-totalité sont préparées à la guerre de longue date. Dès 1907 à Stuttgart, socialistes et syndicalistes européens en débattent !

La presse allemande est conditionnée car elle majoritairement propriétaire d’industriels pangermanistes, le système éducatif montre la supériorité de l’Allemagne, les Ligues, militaires navales et coloniales, font de même. La jeunesse est conditionnée par les valeurs du sport militaire, le militarisme est développé.

La France n’est pas en reste avec les sociétés de tir et de gymnastique et il y a un vrai renouveau nationaliste après les crises de 1911 soutenu par des auteurs très populaires comme Déroulède et Barrès.

Pendant la guerre la presse est utilisée auprès des civils, des combattants et même des prisonniers de guerre ! Les succès militaires sont amplifiés, des " témoignages " attaquant ou défendant chacun des camps abondent. Il convient en fait que l’ennemi fasse peur et que la guerre apparaisse juste. Dans ce contexte de " bourrage de crâne " la question du maintien d’un vrai régime démocratique en France reste posée.

Lettre adressée au sous-préfet pour lui signaler la création d'une oeuvre du secours des artistes aux blessés, recto, 17 juin 1915, RS 1074-1. Lettre adressée au sous-préfet pour lui demander son appui afin d'obtenir plus facilement des salles de spectacles et lui donner la place de président de cette oeuvre, verso, 17 juin 1915, RS 1074-1.Couverture de la brochure Dédicace manuscrite de Gabriel Dufau, auteur de Dédicace de Gabriel Dufau, auteur de Demande de considération envers les musulmans (turcs) des colonies françaises, 3 avril 1915, RS 1074-1.“ L’Alarme : aux français et aux jeunes français ”. Affiche illustrée noir sur fond beige et de texte rouge et noir d’Abel Faivre, s. d. Ed. de l’Alarme, Société française d’action contre l’alcoolisme. Paris, impr. Devambez. 50 x 32,5 cm, 6 Affi 142.Pour la France ! – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4642.France ! Ils nous les avaient prises je te les ramène ! – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4644.La guerre n°18, règlement de compte – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4635, recto.La guerre n°18, règlement de compte – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4635 verso.

Censure de la presse et des médias

Après les excès de la censure lors de la bataille de la Marne (" Les balles allemandes ne tuent pas " affirmait l’Intransigeant), il a été décidé en France de donner peu de renseignement mais des renseignements exacts et bien " orientés ". Il ne faut pas mettre en doute le bien fondé de la guerre, son orientation et surtout ne pas mettre en péril le secret militaire. Il faut enfin préserver le moral des troupes et de la population.

"L’Homme libre" de Clémenceau est censuré durant 10 jours, la censure touche des sujets très variés : les défections d’unités, les rares contestations des députés, les destructions allemandes, les horreurs de la guerre, les exécutions de mutins…

La presse et même dans la mesure du possible les correspondants étrangers, les informations syndicales et religieuses, le courrier, les cartes postales et les premiers films sont touchés par cette censure.

Pour les combattants, seule la presse du front souvent manuscrite et le " Canard enchaîné " de Maurice Maréchal osent une certaine critique.

Télégramme demandant aux préfets, sous-préfets et commissaires de police la saisie de l'hebdomadaire Télégramme du ministère de l'intérieur et de la sûreté interdisant la mise en vente, en circulation ou en distribution du journal russe Lettre du Commandant de la 18ème région au Préfet pour lui demander de proposer la désignation de personnalités chargées du visa des cartes postales, 27 avril 1915, RS 105. Service du cabinet du préfet. Censure d'un article de la libre parole, 10 avril 1915, RS 1074-1.Télégramme de la préfecture au commissaire de Police. Annonce de la prière du Pape en faveur de la Paix à ne publier que sous la forme

Contrôle de la population

La chasse aux espions est devenue une priorité dans la société française. Si à juste titre de nombreux traîtres et véritables espions ont été arrêtés, les lettres anonymes calomnieuses ainsi que les fausses accusations étaient très fréquentes. Il suffisait d’avoir un nom à consonance allemande ou d’avoir été en contact avec des Allemands avant guerre pour être suspect.

Les étrangers, y compris originaires d’Alsace sont surveillés sur tout le territoire, les Allemands et les Austro-Hongrois sont expulsés.

Les réfugiés français sont surveillés et contrôlés, des enquêtes sont menées sur " leur moralité, leur civisme et leur ardeur au travail ". La main d’œuvre coloniale est l’objet d’attentions particulières entre autre pour des raisons sanitaires.

Enfin syndicalistes et grévistes sont sous contrôle permanent. Il existait ainsi le " carnet B " permettant l’arrestation immédiate des militants syndicalistes et pacifistes

Lettre adressée au Préfet sur laquelle figure la réponse stipulant qu'il n'existe pas dans les Landes de camps de concentration d'internés civils dans le département, 4 février 1916, RS 707-2.Lettre de dénonciation du journaliste Richy à Mont de Marsan adressée au Préfet, 16 novembre 1914, RS 949, p.1.Lettre de dénonciation du journaliste Richy à Mont de Marsan adressée au Préfet, 16 novembre 1914, RS 949, p.2.Lettre du ministère au Préfet. Reconnaissance de la Nation pour tous les mutilés de guerre, sans discriminations, 16 septembre 1915, RS 1074-2.

Pacifisme ou défaitisme ?

Bien avant 1914 le syndicalisme ouvrier et les partis socialistes européens étaient massivement pacifistes. Mais en décembre 1914 seul le Pape s’est élevé contre la guerre et son discours a été très mal reçu par les catholiques français et allemands.

En 1917 le " pacifisme " sous des formes plus ou moins évidentes est apparu dans certaines couches de la société.

Les intellectuels comme Alain, engagé volontaire qui considère en 1917 la guerre comme " naufrageuse ", comme Romain Rolland depuis la Suisse où il s’est réfugié, mais aussi Anatole France réfléchissent à la poursuite de la guerre.

Il en est de même pour des écrivains anciens combattants comme Barbusse, Dorgelès, Genevoix qui en apportant leurs témoignages ont montré la guerre dans sa cruelle réalité et ceci malgré l’opposition d’intellectuels comme Barres et Léon Daudet.

Une partie de la bourgeoisie financière était lasse de la concurrence anglaise, des rencontres informelles ont lieu entre représentants français et allemands. Le monde enseignant s’agite et en particulier les instituteurs syndiqués. Enfin le parlement, et surtout le groupe socialiste qui a refusé de voter un ordre du jour, une partie des radicaux mais aussi des députés comme le combattant Ybarnegaray et le sénégalais Diagne ont mis en question l’offensive Nivelle et les mutineries, ont demandé des sanctions contre Mangin et Nivelle. " L’Union sacrée " a, de fait, disparu.

Les tractations plus ou moins officielles sont nombreuses y compris au plus haut niveau pour aboutir à la paix en particulier par l’entremise du Vatican.

Si le mot pacifisme est trop fort, il est évident qu’en 1917, la guerre est remise en cause dans la société française.

Lettre du ministre de l'intérieur aux Préfets de police et des départements, afin de saisir des cartes postales dont le contenu pourrait avoir


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