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A) La vie des Français : entre deuils, violences, restrictions et difficultés matérielles

Les réfugiés belges

Dès août 1914 1 million de Belges ont fui devant l’avancée allemande et les exactions (civils fusillés,…) en France, Pays-Bas et Royaume Uni. La France a aussi accueilli 58000 réfugiés arméniens entre 1922 et 1924. Mais ce sont surtout 2 millions de français du nord et de l’est qui ont du se réfugier à l’intérieur du pays. Cet exil n’a pas toujours été facile. Parfois surnommés les " boches du Nord ", ils ont connu des problèmes administratifs, la misère et ont parfois été rejetés par les populations.

Etat des mutations des réfugiés Belges sur la commune de Cachen, 13 septembre 1915, RS 703.Lettre du sous Préfet au maire de Dax. Instructions pour l'octroi d'une allocation intégrale pour les réfugiés évacués par l'Allemagne, s.d. RS 1074-1. Note informant la presse des remerciements exprimés par les militaires américains au Préfet, pour les

Les restrictions, les réquisitions et les difficultés d'approvisionnement

Dès 1915, l’Allemagne manque de sucre et décide de mettre en place une économie très dirigée avec en particulier les " sociétés de guerres " pour les métaux et les textiles. Les prix, la production et la distribution sont régulés.

Malgré le développement des ersatz et de la contrebande, dès 1916 la situation est grave : rationnement de la farine, de la bière, du café.

En 1917, le blocus et le contrôle de la contrebande étant plus efficace, la situation est dramatique : malaises d’élèves à l’école, 50 % des enfants sous-alimentés, amaigrissement de 40 % en moyenne de la population, les enfants de 1917 mesurent 2 à 3 cm de moins qu’en 1914 ! La disette provoque des épidémies mortelles : typhus, variole, tuberculose…

Même si la production agricole est désorganisée, même si la guerre sous-marine gêne l’approvisionnement, la situation est moins grave en France. Les prix agricoles sont contrôlés, la viande et le blé taxés, le sucre et la viande rationnés, des productions réquisitionnées. Mais avec les aides de l’État et même si la situation est plus tendue dans les villes la population souffre moins de pénurie alimentaire.

« Circulation des haricots et des pommes-de-terre » : arrêté préfectoral, 9 octobre 1918. Mont-de-Marsan, Dupeyron, 56 x 38,5 cm. AD 40, RS 725.Télégramme du Préfet aux maires. Demande de réquisitions imminentes des voitures et des camions de particuliers pour l’armée, s.d., RS 1074-2.

Les exactions allemandes

Les Allemands dès août 1914 ont commis des exactions dans les pays occupés. Du 5 au 26 août 5000 civils ont été tués et 15000 maisons détruites en Belgique ! En France la Meuse, les Ardennes, la Meurthe-et-Moselle ont le plus souffert des destructions et 1000 civils d’Amiens ont été déportés, des civils fusillés.

Les exactions allemandes s’expliquent en partie par le souvenir de 1870 et des francs-tireurs français très meurtriers. Les Allemands se méfiaient beaucoup des civils mais il semble qu’en 1914 cette crainte ait été sans fondement.

Les destructions ont aussi été importantes en novembre 1918 car les troupes allemandes ont systématiquement détruit les régions traversées pendant leur reflux outre Rhin.

Ces destructions, pillages et exactions, avérées dès 1914, ont eu un impact très négatif pour l’Allemagne. Elles ont justifié la guerre pour les soldats français qui défendent dès lors la patrie contre un danger réel menaçant leurs familles (la propagande s’étant bien sûr empressée de relayer ces informations) mais elles ont aussi été mal perçues par l’opinion publique américaine et leur impact n’a pas été négligeable pour justifier l’entrée en guerre des États-Unis.

Les brutes de l'Est / Cl Scott G. – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4637 recto.Les brutes de l'Est / Cl Scott G. – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 4636 verso.Lettre du Préfet aux maires des Landes. Surveillance des femmes et jeunes filles en états de grossesses réfugiées dans leur communes, 6 juillet 1915, RS 1074-2.La guerre n°5 : petit héros, grands lâches - – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 9 × 14 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 6799 recto.La guerre n°5 : petit héros, grands lâches - – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 9 × 14 cm (support), [1914]-[1918], 1 Fi 6799 verso.Article de René Boislaigue,

Les destructions

Les conséquences matérielles de la guerre furent très importantes.

289 000 maisons rasées, 422 000 endommagées, des villes détruites comme Reims, des villages disparus dans la Meuse, la Marne, le Nord.

3 millions d’ha ont été ravagés, 120 000 ha dévastés sont placés en zone rouge et interdits à l’agriculture (tout ou partie de 11 départements) . La remise en service de 116 000 ha aurait coûté plus cher que le prix du sol et des " forêts de guerre " ont été plantées autour de Verdun et en Argonne.

Le désobusage, la récupération des métaux et des vestiges de guerre a été un immense travail.

54 000 km de routes hors d’usage, des voies ferrées, de nombreuses infrastructures de transports sont détruites.

L’appareil productif est endommagé, parfois volontairement : les houillères du Nord ont été noyées, des bâtiments piégés, les 2/3 de la région industrielle du Nord-Pas-de-Calais sont détruits alors que le potentiel industriel allemand est intact.

La flotte marchande française est détruite à hauteur de 30 % (20% pour le Royaume-Uni).

Les dégâts sont estimés à 130 milliards de francs or.

Article « Le bilan de la dévastation allemande approche de 120 milliards », dans Le Républicain Landais, 2 mars 1919, Per Pl° 75/43.Lettre de l’intendant général Méray aux Préfets. Demande d’effectuer au plus vite les réparations du matériel de battage pour que le ravitaillement national soit assuré à la prochaine récolte, 11 février 1919, RS 709.


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