Ressources en ligne des Archives départementales des Landes

Accueil > Service éducatif > Cartable numérique : Première Guerre mondiale > La guerre et les combattants > B) Les hommes mobilisés

Service éducatif

B) Les hommes mobilisés

Les permissions

Le régime des permissions a été mis en place à partir de juin 1915. Son mauvais fonctionnement est une des revendications des mutins de 1917. Amélioré à cette date le système a retiré en particulier les jours de voyage des journées de permissions ce qui n’était pas négligeable pour les mobilisés du sud de la France. Les permissions avaient une durée de 8 jours mais les hommes originaires des colonies ou des îles comme la Réunion ou les Antilles avaient un régime adapté. Dans certains cas très précis des permissions pour la durée des travaux agricoles étaient accordées en particulier pour les viticulteurs, le " pinard " nom donné au vin pendant la guerre étant essentiel. Les plus anciens pouvaient avoir aussi des permissions agricoles pour aider aux travaux ponctuellement.

(pour les permissions agricoles, voir documents, partie II, L’Arrière, C, le manque de main-d’œuvre)

Article de presse de Robert Deylis. Permission d'une semaine pour les poilus au Front, afin de revoir leur proche, s.d., RS 1074-2. Lettre du Colonel Pressoir aux officiers contrôleurs de la main d'oeuvre agricole, 8 mai 1918, RS 709.

La démobilisation

En novembre 1918 le retour dans leurs foyers des hommes doit être organisé. La vie sociale et économique du pays doit reprendre dans l’ordre et la discipline. Mise en place par le sous-secrétaire d’Etat Louis Deschamps la démobilisation s’est effectuée par ordre d’ancienneté. Si les régiments d’active n’ont été démobilisés qu’après la signature de la paix en juillet 1919, les classes d’âge les plus anciennes et les régiments territoriaux sont rentrés plus tôt.

La loi du 27/02/19 octroie aux hommes un pécule de 250 francs plus 20 francs par mois de service effectif effectués par les combattants ou 15 francs pour les autres dont les prisonniers. Les hommes sont en outre dotés au choix d’un costume civil ou d’une prime d’habit de 52 francs.

Lettre du Président du Conseil, Ministre de la guerre, Georges Clémenceau au général commandant de la 18ème région, ordonnant la démobilisation des classes âgées, 18 novembre 1918, RS 709.Article

Le retour des soldats landais

La paix ayant été signée le 28 juin de nombreux soldats sont demeurés sous les drapeaux jusqu' en 1919. Le régiment des territoriaux, les hommes les âgés (de 36 à 48 ans), a été le premier à rentrer début 1919. Alors que les " vieux " étaient destinés à rester à l’arrière ils ont été en première ligne dès 1914. En tout état de cause l’engagement de ce régiment au combat justifie l’article du 12 janvier.

Le retour le 29 juillet du 34ème R.I. est, par contre, triomphal et les festivités organisées, cérémonies religieuses, défilé dans les rues, courses landaises, bals, etc, montrent de nouveau la joie de la population et le soulagement des hommes qui ont aussi participé au défilé du 14 juillet à Paris.

Le sermon de la cérémonie à la Madeleine a été prononcé par l’Abbé Bordes, aumônier du 34ème, blessé de guerre, qui a aussi été un héros de la résistance landaise puisqu’il est mort en déportation.

Le 34ème, qui faisaient partie de la 36ème division dite " Division Gascogne ", a participé aux combats les plus durs : Charleroi, la Marne, Verdun, Craonne, Champagne. Plusieurs fois décimé, il a du être reconstitué à plusieurs reprises jusqu’en 1918 où cela n’a plus été possible faute d’hommes valides de 20 à 25 ans dans les Landes. Sur les 3400 hommes partis en 1914, 23 sont revenus. Près de 12 000 landais sont morts au combat.

Article de René Boislaigue, Article de René Boislaigue,

Le bilan des victimes

L’article dresse un état des victimes à la date du 1er novembre 1918. Jusqu’au 11 novembre le nombre des victimes a, bien sûr, augmenté.

Le conflit a entraîné la mort de près de 9 millions d’hommes, les chiffres pour la France sont les suivants: 8 410 000 mobilisés, 1 397 800 morts, 4 266 000 blessés.

Pourcentages : 16.6% de morts, 50.72 % de blessés (les morts des suites des blessures après 1918 ne sont pas comptabilisés), 22% des officiers dont 312 colonels et 41 généraux.

Quelques pourcentages par catégories socioprofessionnelles : 39% des domestiques, 17,18 % des professions libérales, 12.46 % des agriculteurs, 3.7% des fonctionnaires sont morts.

Mais aussi 50 % des instituteurs, 80 % des séminaristes, 893 polytechniciens…

Article


Espace personnel