Ressources en ligne des Archives départementales des Landes

Accueil > Service éducatif > Cartable numérique : Première Guerre mondiale > La guerre et les combattants > A) Le déroulement de la "grande guerre" : de la mobilisation générale aux fêtes de la victoire

Service éducatif

A) Le déroulement de la "grande guerre" : de la mobilisation générale aux fêtes de la victoire

La situation en 1914

En 1914 les tensions internationales sont très fortes, les plans de chaque état-major sont prêts : plan " Schlieffen " allemand de 1894 le plan " XVII " de 1913 que le général Joffre doit appliquer.

Ces documents peuvent permettre d’évoquer l’état d’esprit des Français avant le conflit. Plusieurs questions peuvent s’envisager. Ont-ils conscience de ce qui se prépare ? Sont-ils d’humeur belliqueuse ? Les préoccupations de la vie quotidienne ne les éloignent-elles pas de la politique internationale et de l’Alsace-Lorraine ?

Il semble que les mobilisés, s’ils ne sont pas partis dans leur immense majorité " la fleur au fusil " pour reconquérir les provinces perdues très loin de leurs préoccupations quotidiennes, ont quitté leurs familles pour défendre la patrie attaquée sans enthousiasme particulier mais avec la volonté d’accomplir leur devoir. Il s’agit pour certains historiens d’un " consentement patriotique " relativisé par d’autres chercheurs.

Bonne année 1914 – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1913-1914], 1 Fi 4591, rectoBonne année 1914 – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 x 9 cm (support), [1913-1914], 1 Fi 4591, verso.1er avril, fille au bouquet et poisson – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914], 1 Fi 4592 recto.1er avril, fille au bouquet et poisson – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914], 1 Fi 4592 verso.

Les alliances

L’entente franco-russe a été signée en 1892 et ratifiée par le président Carnot et Alexandre III. Après l’ "Entente cordiale" de 1904 avec le Royaume Uni, la "Triple entente" a été signée en 1907. La "Triple alliance" ou "Triplice" avait été signée en 1882.

Ce document permet de présenter le système des alliances aux élèves. Il faut remarquer l’expression d’ "œuvre sainte" qualifiant la guerre et donc souligner l’alliance entre la très laïque république et la "sainte Russie".

La France et la Russie – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), s.d., 1 Fi 4637.

Les déclarations de guerre

L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie le 1 août. Les accords impliquant le secours mutuel en cas d’agression, la France a décidé la mobilisation générale le 2 août et l’Allemagne lui a déclaré la guerre le 3 août.

Ce document peut montrer aux élèves l’enchaînement des décisions ayant entraîné le conflit et le rôle des alliances dans ce déroulement. Il faut remarquer qu’en France seulement 1,5 % des mobilisés n’a pas répondu à l’ordre de mobilisation générale.

Télégramme officiel adressé au Préfet, donnant l’ordre de mobilisation générale en date du dimanche 2 août 1914, RS 104.

Les premiers combats

Après la fulgurante attaque allemande d’août 1914 et la contre-attaque de la Marne la guerre s’enlise fin novembre 1914. De nombreux fronts apparaissent : Belgique, Artois, Champagne, Vosges, Argonne,… La " course à la mer du Nord" a échoué.

La bataille de l’Yser (octobre) et celle du saillant d’Ypres (novembre) préfigurent les batailles de la guerre dite de " tranchée ".

Le document permet de montrer la transition entre la guerre de " mouvement " et celle de " position ". Il faut remarquer le laconisme des communiqués officiels qui n’évoquent pas, par exemple, les pertes humaines.

Dépêches officielles de la guerreHeureuse année par un militaire – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914-1915], 1 Fi 4640 recto.Heureuse année par un militaire – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914-1915], 1 Fi 4640 verso.

La résistance belge

Le premier août l’Allemagne a lancé un ultimatum à la Belgique pour qu’elle laisse passer ses troupes et a envahi le Luxembourg. L’ultimatum étant rejeté, l’Allemagne a déclaré la guerre à la Belgique et l’a envahie le 4 août entraînant l’entrée en guerre du Royaume-Uni. Le 20 août les Allemands sont arrivés à Bruxelles. Le roi Albert I a pris le commandement de l’armée et se retire sur le front de l’Yser avec ses troupes pour 4 ans. L’inondation des marais a permis alors de retarder l’avance ennemie vers la mer du Nord.

Le gouvernement belge s’est retiré à Saint-Adresse près du Havre.

Ce document montre la résistance belge malgré un pays envahi et une population souffrant des exactions allemandes qui s’expliquent en partie par le fait que les Allemands ne comprennent pas la résistance belge qui retarde l’application de leur plan.



Les troupes russes

En 1916 2 brigades russes (20000 hommes volontaires) sont arrivées à Marseille et ont combattu en Champagne (4400 morts). Après la révolution bolchevique, 400 se sont engagés dans l’armée française, les autres ont été travailleurs militaires ou envoyés dans un camp militaire en Algérie et ont été rapatriés à Odessa en 1919. Les alliés sont intervenus en avril 1918 (paix de Brest-Litovsk en mars) en Russie contre les Allemands et ont participé à des opérations contre les Bolcheviks après le 11 novembre par peur de la contagion communiste.

Ce document permet d’aborder la révolution bolchevik de 1917 et de montrer ses répercussions sur le déroulement du conflit. Il permet aussi d’évoquer la guerre civile en Russie.

Circulaire du ministre de la Guerre, concernant l’interdiction de la diffusion d’une proclamation des Commissaires du Peuple russe aux soldats russes en France, recto, 9 septembre 1918, RS 105.Circulaire du ministre de la Guerre, concernant l’interdiction de la diffusion d’une proclamation des Commissaires du Peuple russe aux soldats russes en France, verso, 9 septembre 1918, RS 105.

Les troupes américaines

La guerre sous-marine à " outrance " voulue par le Kaiser a provoqué l’entrée en guerre des États-Unis après le torpillage entre autre du paquebot Lusitania avec 128 passagers américains à bord. L’opinion publique américaine a alors basculé vers la guerre. Les États-Unis sont entrés dans le conflit le 6 avril 1917 et les premiers contingents sont arrivés en France en octobre 1917 (au total 1,2 million d’hommes). La population française a été très impressionnée par l’organisation et l’équipement des américains (campements démontables,…) dont la présence a été importante dans les Landes avec par exemple des chantiers forestiers (coupe et débitage avec du matériel américain) comme à Pontenx-les-Forges ou la Croix Rouge américaine à Labouheyre.

En plus de l’arrivée des américains qui est un tournant de la guerre, le document permet de replacer le contexte historique et culturel des relations entre les deux pays depuis la guerre d’indépendance américaine et la Révolution française. Le colonel Stanton, aide de camp du général Pershing, se souvenait probablement des rôles joués par le marquis, Rochambeau et de Grasse en lançant " La Fayette nous voilà ! " en arrivant en France.

Fêtes nationales des Etats-Unis et de la France

L'armistice

Elle a été signée dans un wagon placé dans la clairière de Rethondes de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Les clairons ont sonné le " cessez-le-feu "à 11h. du matin le 11 novembre 1918. Etaient présents d’une part Foch, Weygand, l’amiral anglais Wermyss. Et d’autre part le ministre M. Erzberger et le général major von Winterfeldtl.

Après l’échec de la contre-offensive de juillet 1918, Guillaume II a compris que la défaite était inéluctable et il a nommé le prince de Bade, un modéré, le 3/10 pour mener les négociations. Le 3/11 des marins se sont mutinés à Kiel entraînant des ouvriers et de Bade a demandé au Kaiser d’abdiquer le 9/11 pour éviter la guerre civile.

Poincaré et Pétain voulaient poursuivre la guerre pour écraser l’Allemagne, (Poincarré pensait même que la cessation des combats couperait " les jarrets " des hommes !), alors que Clemenceau et Foch pensaient que les " poilus " ne tiendraient plus longtemps.

Les conditions ont été très dures pour l’Allemagne :

  • toutes les armes rendues (marine, aviation,…)
  • évacuation de la rive gauche du Rhin (en Allemagne !)

Elle a été signée pour 36 jours et renouvelée jusqu’au 28 juin 1919.

Les Allemands sont amers ; le nouveau pouvoir politique républicain a accueilli ses soldats à Berlin en leur disant : " soldats, qui revenez invaincus ! ". Les généraux se sont défaussés et ont accusé les politiques de la défaite. C’est un " coup de poignard dans le dos " d’après Hindenburg qui avait pris soin de se mettre au second plan dès octobre et de ne jamais parler de défaite militaire.

Ce document permet d’évoquer la fin de la guerre mais surtout de montrer que l’Armistice puis la paix ont été ressenties comme une injustice par les Allemands vaincus et humiliés alors que leur sol n’a jamais été touché par les combats.

Note d'information indiquant au Préfet la nouvelle de l'armistice, communiquée par téléphone par le Sous-Préfet de Dax, [11 novembre 1918], RS 105.Article

Le retour des combattants

Le retour des " poilus " est un soulagement pour toute la population landaise. Près de 12000 landais sont morts, toutes les familles ont été touchées parfois à plusieurs reprises, des fratries ont été décimées.

Les pouvoirs publics doivent aussi assurer le retour dans l’ordre et la discipline. Le " poilu " de retour est un héros pour quelques heures avant que la vie quotidienne ne reprenne. Il faut souligner le rôle de l’Eglise dans ces cérémonies avant tout républicaines et laïques. De nombreuses messes sont organisées un peu partout dans les Landes.

Côte d'argent - Escource (Landes). [Honneur aux Poilus] / Cl. Poumeyraud. – [S.l.] : Edit. Hontarrède, [191- ?]. – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 9 × 14 cm (support), [1911]-[1920], 1 Fi 2032.Retjons (Landes). La fête des poilus devant l'église, 19 octobre 1919 – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), s.d., 1 Fi 5612.

Les poilus, martyrs de la République

Le " Républicain Landais " ne cache pas la joie et le soulagement de la population lasse de cette guerre qui s’expriment par 2 jours chômés et de liesse.

Les discours officiels justifient la guerre : c’était le combat de la liberté contre l’oppression et la barbarie allemande. Ce sont les mêmes arguments qu’en 1914 mais avec la victoire les discours officiels parlent aussi de châtiment et de vengeance. Le " poilu " est devenu un héros vivant mais encore plus mort. Il est alors devenu un martyr républicain de la liberté, du droit et de la justice. Mais le préfet montre aussi qu’il a pleinement conscience des souffrances endurées par les civils.

Le patriotisme est à son point culminant. Les alliés américains très présents dans les Landes sont à l’honneur.

Article

Les traités de paix

La signature officielle de la paix est un moment de liesse collective 8 mois après la fin des hostilités et l’Armistice. La plupart des villages organisent des festivités parfois couplées avec le 14 juillet. Ces manifestations sont par contre déjà très organisées et donc moins spontanées. Les points forts qui perdurent encore de nos jours sont déjà présents : recueil aux monuments aux morts (s’ils existent en 1919), retraite aux flambeaux, banquets et bals populaires. Le patriotisme est la valeur essentielle de ces journées de commémoration.

Ces documents permettent d’introduire les différents traités de paix qui ont conclu la guerre : traité de Versailles le 28/6 /1919 à 11h.11mn avec l’Allemagne suivi de celui de Saint-Germain- en -Laye avec l’Autriche, puis du Trianon avec la Hongrie et enfin celui de Neuilly avec la Turquie.

Plus tard ont été signés les traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923) avec la nouvelle Turquie.

Article Article


Espace personnel